LA SÉCURITÉ

Escapilade est une association à but non lucratif, dont le fonctionnement repose exclusivement sur la coopération bénévole de ses adhérents.

La sécurité de chacun est l’affaire de tous.

Nous devons tous – simples adhérents et membres du bureau de l’association, enfants et accompagnateurs, grimpeurs débutants et grimpeurs plus expérimentés – apprendre et respecter les bons usages et les règles de sécurité, et veiller à leur respect par les autres.

C’est la condition d’une pratique responsable et autonome, et de la réduction au minimum des risques inhérents à l’escalade.

 Vous pouvez également visionner avec profit ces 2 courtes vidéo sur la sécurité en escalade à l’attention des enfants et ados, ou  aux débutants.

Vous pouvez aussi consulter la rubrique fiches pratiques (conseils choix matériels , techniques d’escalade et nœuds d’escalade)


Sommaire

Remarques
L’échauffement
Le contrôle du matériel
L’assureur
L’attention aux autres
La grimpe en tête
La parade
En falaise

Remarques

Remarque 1 : L’application des règles formulées ci-dessous nécessite à chaque fois jugement et appréciation de la situation. Selon les circonstances, elles doivent être appliquées rigoureusement ou adaptées – ou même parfois abandonnées.

Remarque 2 : Si  certaine des règles énoncées ici ne vous semblent pas claires, ou si elles vous paraissent discutables ou insuffisantes, n’hésitez pas à le dire !

Remarque 3 : Avant de vous lancer dans la pratique de l’escalade, vérifiez que vous possédez une assurance en responsabilité civile et une assurance individuelle d’accident n’excluant pas l’activité de l’escalade.

Remarques 4 : Apprenez les gestes qui sauvent en participant à une formation aux premiers secours, comme celles qu’organisent la Croix rouge ou laProtection civile. En cas d’accident, appelez le Samu (au 15) ou le n° d’urgence européen (le 112).

L’échauffement

  • L’échauffement et la montée progressive en difficulté, ainsi qu’une bonne hydratation (boire quelques gorgées d’eau à intervalles réguliers avant et pendant une séance de grimpe), permettent d’éviter de nombreuses blessures (tendinite, etc.).

Le contrôle du matériel

  • Les accidents en escalade ne sont que très rarement causés par une défaillance du matériel ; ils sont le plus souvent liés à son mauvais usage par les grimpeurs, qu’ils soient débutants (défaut de maîtrise du fonctionnement du matériel), ou expérimentés (relâchement de la vigilance en raison d’une confiance excessive).
  • Quelques-unes des principales causes d’accident : mauvais encordement ; installation incorrecte du système d’assurage ; manipulation incorrecte d’un système d’assurage mécanique de type GriGri ; méthode d’assurage en 5 temps mal effectuée ; installation défaillante d’un relais, d’une moulinette ou d’un rappel ;  utilisation d’une corde trop courte (et absence de noeud à l’extrémité libre de la corde) ; problèmes de communication entre le grimpeur et son assureur…
  • On n’utilise pas de matériel sans avoir été initié à son fonctionnement. Il importe de conserver et de lire attentivement les notices fournies par les fabricants, et de respecter scrupuleusement les dates de fin de vie du matériel. Vérifiez régulièrement le bon état de votre matériel. N’utilisez que du matériel dont vous connaissez l’origine et portant le marquage « CE ».
  • En SAE, on veille à ce que les matelas au sol soient bien ajustés, afin d’éviter un coincement du pied entre deux tapis lors du retour au sol (risque d’entorse).
  • On ne s’interrompt jamais et on ne se laisse pas distraire quand on passe son baudrier, qu’on s’encorde ou qu’on installe son système d’assurage.
  • Le grimpeur et l’assureur doivent toujours contrôler mutuellement leur bon équipement (mise en place du baudrier, encordement, installation du système d’assurage). Il ne faut pas hésiter à arrêter un grimpeur trop pressé qui n’aurait pas soumis son encordement à l’inspection de son assureur et qui n’aurait pas contrôlé l’installation du système d’assurage de ce dernier.
  • Il faut en particulier vérifier que :

1) le nœud d’encordement du grimpeur passe bien par le ou les pontets prévus à cet effet ;

2) la corde est insérée dans le système d’assurage de l’assureur conformément aux instructions du fabricant ;

3) le système d’assurage est attaché dans le bon sens par le mousqueton vissé au baudrier de l’assureur.

  • Le baudrier doit être correctement attaché, à la taille, au-dessus des hanches. Bien ajusté, il ne doit pas pouvoir être tiré en-dessous des hanches. Aucun vêtement (t-shirt, sweat-shirt, etc.) ne doit le recouvrir.
  • Il est recommandé de faire suivre le nœud d’encordement (nœud de huit) d’un nœud d’arrêt (nœud de pêcheur double). L’un et l’autre doivent être réalisés avec soin. Nœud d’encordement et nœud d’arrêt doivent être suivis d’une longueur de corde de deux fois leur taille. Le nœud d’encordement doit être réalisé au plus près du baudrier et ne doit pas être suivi d’un brin de corde trop long afin d’éviter lors de la grimpe en tête de confondre ce brin avec la corde à mousquetonner.
  • La corde doit avoir une longueur supérieure à deux fois la longueur de la voie. En cas de doute et en falaise, l’assureur fait un nœud à l’extrémité de la corde (pour éviter qu’elle ne file par son système d’assurage) ou s’encorde avec.
  • Ne jamais mettre un doigt dans un point d’ancrage.
  • Si vous avez les cheveux longs, attachez-les. Veillez à ce qu’aucun de vos vêtements ne puisse se coincer dans votre système d’assurage. Ôtez vos bagues.

L’assureur

  • Une bonne communication entre le grimpeur et son assureur est toujours essentielle. Apprenez les mots clés utilisés à cet effet.
  • On n’assure pas un grimpeur significativement plus lourd que soi, à moins de mettre en place un dispositif spécial.
  • On n’assure pas assis (ou couché !).
  • L’assureur doit parfaitement maîtriser la méthode d’assurage en 5 temps ; il doit sinon demander l’assistance d’un assureur plus expérimenté.
  • L’assureur ne doit pas avoir la main sur le brin de vie trop près du système d’assurage (pour qu’elle ne risque pas de se coincer dedans).
  • L’assureur doit être constamment attentif à l’évolution du grimpeur.
  • L’assureur ne doit en aucun cas et à aucun moment lâcher le « brin de vie », y compris dans le cas où il utilise un système d’assurage autobloquant.
  • L’assureur doit maîtriser à chaque instant la vitesse du grimpeur lors de la descente en moulinette ; il ne doit jamais laisser la corde filer.

L’attention aux autres

  • Les voisins d’une cordée – autres grimpeurs et assureurs, grimpeurs au repos ou simples observateurs – ont l’obligation d’intervenir s’ils observent la moindre anomalie : mieux vaut paraître à l’occasion excessivement scrupuleux que d’assister à un accident que l’on aurait pu éviter par une intervention.
  • En dehors de l’assureur, nul ne doit se tenir dans la zone de chute du grimpeur. Les observateurs ou les grimpeurs au repos doivent se tenir à bonne distance. Ils ne doivent pas perturber l’assureur.
  • Avant de tirer au sol une corde installée en moulinette, on crie « Corde ! » pour avertir de sa chute les personnes alentour.

La grimpe en tête

  • L’assureur doit parer le grimpeur jusqu’à la première dégaine (voir plus bas les recommandations pour la parade).
  • Une fois la corde passée dans la première dégaine, jusqu’à la 3e dégaine, afin d’éviter un retour au sol :

1) l’assureur doit veiller à ne donner que le mou nécessaire à la progression du grimpeur et au passage de la corde dans les dégaines (il faut en revanche veiller à bien lui donner tout le mou dont il a besoin, notamment au moment de passer la corde dans une dégaine) ;

2) le grimpeur ne doit pas passer la corde dans la dégaine bras tendu au-dessus de lui, il doit attendre que la dégaine se situe entre ses épaules et sa taille, idéalement au niveau de la taille, pour y passer la corde (sinon le risque d’un retour au sol est très grand).

  • Entre la 1e et la 3e dégaine, l’assureur se tient à 1 mètre du mur, légèrement sur le côté (pour éviter que le grimpeur ne lui tombe dessus). Il veille à ce que le grimpeur ne risque pas, en cas de chute, de tomber sur la corde. Au-delà de la 3e dégaine, l’assureur se tient à l’aplomb de la première dégaine, à 1 mètre 50 au plus du mur (plus loin, il risquerait en cas de chute importante du grimpeur d’être tiré violemment vers le mur).
  • À partir de la 3e dégaine, l’assurage d’une chute doit être dynamique : l’assureur, quand il sent la corde se tendre, fait un pas en avant, se laisse soulever et éventuellement donne un peu de mou (cette dernière option demande savoir-faire et maîtrise).
  • Le grimpeur doit passer la corde dans toutes les dégaines.
  • Il doit veiller à passer la corde dans le bon sens à travers les dégaines et à ne pas faire de « yoyo ».
  • Le grimpeur doit veiller à ce que la corde ne passe pas derrière sa jambe, sous peine de se retrouver tête en bas en cas de chute.
  • En cas de chute, le grimpeur ne doit pas se jeter en arrière et ne doit surtout pas se saisir d’une prise, d’une dégaine ou de la corde sous la dernière dégaine mousquetonnée. Il doit si possible regarder vers le bas pour évaluer la zone d’impact et fléchir les jambes pour amortir la réception. S’il en a le temps, il doit prévenir l’assureur de l’imminence de la chute.

La parade

  • Parer, ce n’est pas arrêter la chute du grimpeur, c’est l’accompagner, dans le meilleur des cas pour lui permettre de retomber sur ses pieds, dans tous les cas de façon à éviter que le dos et la tête du grimpeur ne subissent un choc. Le pareur doit anticiper à chaque moment la direction de la chute du grimpeur et être prêt à intervenir : parer, ce n’est pas se tenir debout les bras au ciel en attendant que ça passe ! La parade doit être active et dynamique.
  • En dalle et en verticale, les mains du  pareur suivent les hanches du grimpeur ; en dévers, elles suivent ses épaules. En accompagnant la chute du grimpeur, le pareur fait attention à ne pas repousser le grimpeur vers le bloc. Le pareur tient ses mains « en cuillère » (sans écarter les doigts), pour ne pas risquer d’avoir un ou des doigts retournés lors de la chute du grimpeur. Il reçoit le grimpeur sur ses avant-bras et amortit la chute par une flexion des jambes.
  • Si le grimpeur ne parvient pas à retomber sur ses jambes, il doit éviter d’amortir sa chute en mettant les mains et bras en arrière.
  • En bloc, on utilise un tapis de sol (un crashpad), et on préfère la désescalade au saut à terre (les chevilles, les genoux et les disques de la colonne vertébrale du grimpeur lui en seront gré).
  • Sur les sites d’escalade de bloc naturels, assurez-vous de la possibilité de redescendre avant de grimper au sommet du bloc.

En falaise

  • Les sites naturels d’escalade constituent des environnements beaucoup plus complexes et déroutants, que les sites artificiels d’escalade. Il convient de faire toujours montre de la plus extrême prudence et de bien anticiper les risques liés à la pratique de l’escalade dans ces conditions. Une préparation spécifique et un apprentissage approfondi des manipulations nécessaires à une pratique sécurisée sont requis avant de s’aventurer en falaise. Même bien préparé, mieux vaut pour commencer être accompagné d’une personne expérimentée et ne s’engager que sur des voies d’une cotation nettement inférieure à la cotation maximum des voies que l’on grimpe à vue en SAE.
  • Tous les membres d’une cordée doivent parfaitement connaître leur matériel et les manipulations qu’ils peuvent être amenés à réaliser. Ils doivent prendre le temps d’inspecter du regard et de contrôler manuellement leurs installations (système d’assurage  au relais, nœud autobloquant utilisé pour un rappel, etc.), et ce à chaque étape de leur mise en place, et avant leur utilisation. Il faut absolument éviter toute précipitation.
  • Une bonne communication avec vos partenaires d’escalade est cruciale, et même vitale, en falaise, où les échanges sont parfois difficiles (distance, vent…). Une bonne partie des accidents sont la conséquence d’une mauvaise communication entre grimpeur et assureur. Entendez-vous sur des codes clairs et précis. Explicitez vos intentions, ce que vous prévoyez de faire une fois arrivé au relais, etc., avant de vous engager dans une voie.
  • Apprenez à lire un topo et à en extraire toutes les informations utiles.
  • N’ayez pas une confiance aveugle dans le matériel à demeure sur la falaise. Envisagez toujours la possibilité d’une rupture en un point de la chaîne d’assurage. Cherchez à la renforcer.
  • En falaise, les chutes de pierres sont une des principales causes d’accidents : porter un casque ; éviter de grimper sous une autre cordée ; ne pas stationner sans nécessité à l’aplomb des grimpeurs.
  • Assurez-vous toujours d’avoir tout le matériel nécessaire avant de vous engager dans une voie (dégaines en nombre suffisant, etc.).
  • Si la voie n’est pas rectiligne, comme c’est souvent le cas en falaise, et part d’un côté, placez la dégaine de façon à ce que le doigt coudé du mousqueton du bas, dans lequel vous passez la corde, soit à l’opposé (pour éviter qu’il ne s’ouvre en cas de chute). (Le mousqueton du haut, passé dans le point d’ancrage, doit être équipé d’un doigt droit.)
  • En grande voie, arrivé au relais, passez dans la mesure du possible la corde dans un point de renvoi pour écarter la possibilité d’une chute de facteur 2 au-dessus du relais.
  • Au relais, vachez-vous dès que possible sur  deux points.
  • Une fois vaché, ne montez jamais au-dessus de votre longe, vous risqueriez une chute de facteur 2.
  • Utilisez des mousquetons de sécurité pour l’installation du relais.
  • Au relais, lovez la corde pour éviter qu’elle ne s’emmêle ou qu’elle ne se coince.
  • N’installez pas de moulinette ou de rappel sur un seul point d’ancrage.
  • Afin de ne pas augmenter l’usure d’un relais chaîné, installez votre propre relais si vous devez effectuer des moulinettes à répétition sur une couenne. Et préférez généralement la descente en rappel à la descente en moulinette (le rappel sollicite moins les points d’ancrage).
  • N’installez jamais une moulinette directement sur une sangle ou une cordelette (le frottement de la corde sur la sangle la brûlerait à coup sûr).
  • N’installez jamais une moulinette ou un rappel sur une plaquette ou tout autre point d’ancrage présentant des angles. Attention aussi aux frottements de la corde sur les angles saillants de la falaise.
  • Lors d’un rappel, mettez-vous en charge sur votre système d’assurage et testez votre noeud autobloquant avant de retirer le mousqueton de votre vache du point d’ancrage. Soyez particulièrement vigilant, contrôlez avec le plus grand soin votre installation : c’est lors de la descente en rappel qu’interviennent bon nombre des accidents en falaise.
  • Pensez à faire des nœuds aux extrémités de votre corde de rappel (si vous ne voulez pas avoir une mauvaise surprise au cas où vous descendriez plus bas que le relais ou que la  corde serait trop courte pour l’atteindre). Si vous enchaînez les rappels, pensez à enlever ces nœuds avant de tirer la corde une fois installés au relais du dessous.
  • Pour le rappel, lovez votre corde en double et de façon à ce que les extrémités partent en premier lorsque vous la lancerez. Attention à ne pas coincer la corde dans une faille ou l’accrocher dans un arbuste, etc. Il est parfois plus prudent de descendre en tenant la corde et en la déroulant petit à petit. Attention au vent, il peut déporter votre corde sur le côté.
  • Si vous avez rabouté deux cordes pour votre rappel, bien repérer le brin sur lequel vous tirerez (côté nœud) une fois installés au relais du dessous.
  • Ayez toujours avec vous 1 ou même 2 chaînons rapides pour les manœuvres de réchappe.
  • Apprenez à confectionner (d’une main) les nœuds de cabestan et de demi-cabestan afin de pouvoir vous vacher sans longe ou assurer votre second (ou vous auto-assurer lors d’une descente en rappel) en cas d’oubli ou de perte de votre système d’assurage.
  • Apprenez à confectionner (d’une main) un nœud de mule sécurisé pour pouvoir bloquer votre système d’assurage.
  • Apprenez à installer et à désinstaller votre système d’assurage sans qu’il puisse vous échapper.
  • Veillez à ne jamais risquer de voir la corde vous échapper. Si, par exemple, vous vous désencordez pour installer une moulinette au relais, pensez à attacher préalablement la corde à votre baudrier par un nœud de vache et un mousqueton.
  • Apprenez au moins une manœuvre simple de remontée sur corde (par exemple au moyen de deux nœuds autobloquants réalisés avec des cordelettes).
  • Apprenez au moins une manœuvre simple d’aide au second en difficulté (comme le mouflage simple).
  • Gare au soleil et aux insolations ! Buvez régulièrement, portez une casquette, utilisez de la crème solaire et couvrez-vous. N’oubliez pas vos lunettes de soleil : la réflexion du soleil sur les parois des falaises peut être aveuglante.
  • Ayez toujours avec vous une quantité suffisante d’eau et de nourriture, de quoi vous couvrir, une trousse de secours, un couteau, une lampe frontale et un téléphone portable.
  • Vous devez toujours être capable d’indiquer précisément à des secours l’endroit où vous vous trouvez (site, nom du secteur, nom de la voie)